Dynamique et visions du paysage québécois

Québec, 15 au 18 juin 1998

LES THÈMES, RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES ET
SÉANCES D’AFFICHES

La liste qui suit regroupe les conférences par thèmes. Elle contient le résumé des interventions de même que les coordonnées de la plupart des conférenciers afin de faciliter les échanges avec ces personnes.

Les textes de plusieurs conférences sont disponibles sur demande et sont identifiés en conséquence. Ils peuvent être obtenus moyennant le coût de la reprographie auprès du Secrétariat des États généraux.


LES PAYSAGES ET LA BIODIVERSITÉ

 

LES PAYSAGES ET LA BIODIVERSITÉ : DES LIENS À ÉTABLIR

Autrefois les sites perturbés par l'homme étaient disséminés dans la nature sauvage; de plus en plus, ce sont les milieux naturels qui affectent la forme de petites “îles ”, éloignées les unes des autres dans une “ mer” de territoires développés. Dans ce type de mosaïque, les processus écologiques sont altérés de sorte que les populations sauvages s'appauvrissent rapidement, victimes de l'isolement génétique, d'une prédation accrue et d'un remplacement progressif par des espèces exotiques associées aux habitats modifiés par l'homme.

L'artificialisation et l'homogénisation de nos paysages doivent être contenus Si on souhaite maintenir la plus vaste gamme de formes de vie et d'assemblages d'espèces et d'écosystèmes. On devra de plus ajouter des parcs de conservation à notre réseau actuel d'aires protégées. Ces nouveaux parcs devront être suffisamment vastes et judicieusement situés afin de protéger adéquatement les éléments les plus distinctifs de la biodiversité régionale. Par ailleurs, nous devrons faire en sorte que les aires protégées soient reliées entre elles par des corridors nombreux et suffisamment larges pour englober des portions représentatives des écosystèmes régionaux. Ces interconnexions sont essentielles au maintien des processus écologiques régionaux, de même qu'elles facilitent la dispersions des populations génétiques et les déplacements des espèces à grande aire vitale.

Rien ne s'oppose à l'exploitation durable des ressources contenues à l'intérieur de ces corridors. Toutefois, l'adoption d'un mode de gestion de type intensif en foresterie, en agriculture et en urbanisme aurait pour effet de réduire la proportion du territoire requise pour soutenir le rendement économique et l'étalement urbain de sorte qu'il devrait être possible d'accroître le nombre et la superficie des parcs et des corridors de conservation.

DesGranges, Jean-Luc
Service canadien de la faune
Environnement Canada
1141, route de l'Eglise CP 10
100, 9e étage
Sainte-Foy (Québec)
G1V 4HS

EFFETS DE MORCELLEMENT DE LA FORÊT BORÉALE SUR LA BIODIVERSITÉ À LA ÉCHELLE DES PAYSAGES

Une étude des effets du morcellement de la forêts mixte boréale sur la diversité des oiseaux et des petits mammifères est présentement en cours en Abitibi dans les cantons d'Hébécourt et de Roquemaure. Cette étude vise à évaluer, à l'échelle des paysages, les effets de modification du couvert forestier sur la structure des communautés et la distribution des espèces de ces deux groupes taxinomiques. Trois secteurs contigus représentant respectivement une mosaïque forestière modifiée par les activités agricoles (le canton de Roquemaure), une mosaïque exploitée à des fins de coupe forestière (la portion ouest du canton d'Hébécourt), et un paysage forestier régi par des perturbations naturelles (la forêts attenante au lac Duparquet), ont fait l'objet d'un échantillonnage extensif au cours de l'été 1994. Des dénombrements d'oiseaux et des relevés de végétation ont été réalisés dans 251 stations d'échantillonnage tandis que les petits mammifères ont été recensés dans 127 sites. Une seconde campagne d'échantillonnage a été prévue pour l'été 1995.

Le cadre conceptuel, l'approche méthodologique et quelques résultats préliminaires de cette recherche sont présentés. [accent est mis d'une part sur l'intérêt d'aborder la problématique du maintien de la biodiversité dans les environnements modifiés par les activités humaines. D'autre part, nous discutons de l'importance de mener cette recherche à une échelle d'expression (celle des paysages) qui dépasse l'échelle locale habituellement empruntée en écologie.

Drapeau, Pierre / Leduc, Alain / Giroux, Jean-François / Bergeron, Yves / Vickery, William / Savard, Jean-Pierre
L. Groupe de recherche en écologique forestière, UQAM
515, rue Sainte-Catherine Ouest, X-1 0310
Montréal (Québec)
H3B 1B4

ÉLABORATION D'OUTILS DE CONSERVATION DES MILIEUX NATURELS EN PAYSAGE AGRICOLE : BOISÉS DE FERME ET BRISE-VENT

L'intensification des activités agricoles, l'expansion industrielle et l'étalement urbain ont entraîné au cours des dernières décennies, la perte de plusieurs milieux naturels dans les deux millions d'hectares d'agroécosystèmes présents au Québec. Le paysage agricole se présente donc comme une multitude des petits îlots naturels, le plus souvent isolés les uns des autres. Pourtant au cours des dernières années, il fut constaté qu'en plus d'être les premiers éléments assurant le maintien de la biodiversité dans ce type de paysage, ces derniers avaient également un rôle important en agriculture (réduction de l'érosion hydrique ou éolienne, lutte biologique intégrée aux rongeurs, etc.). Notre travail vise à amener une meilleure compréhension du rôle de ces éléments naturels et à formuler diverses recommandations en termes de conservation et d'aménagement.

Par exemple, les îlots boisés sont parmi les habitats naturels les plus menacés qui soient, compte tenu de la constante pression de développement. Se basant sur la prémisse que les différentes populations d'oiseaux puissent être un bon indicateur de la valeur faunique globale des îlots boisés en milieu agricole et conséquemment, un bon élément sur lequel baser une stratégie de conservation, nous présentons ici, une synthèses des connaissances actuelles sur la distribution et l'utilisation des boisés en paysage agricole et urbain sur l'avifaune. Cette dernière nous a permis de faire ressortir certains constats généraux et de développer à l'aide d'un SIG, un outil permettant d'établir une certaine priorisation lors de la conservation des boisés en milieu agricole et périurbain. Les brise-vent sont également un autre élément “ naturel ” du paysage agricole québécois qui a beaucoup souffert de l'intensification des pratiques à la ferme. En adoptant une approche écosystémique, nous avons aussi revu la valeur de ces habitats (brise-vent naturel et implanté) pour la faune afin de mieux définir leur rôle écologique en milieu agricole. Les aspects tant positifs (lutte biologique intégrée, corridor de déplacements de la faune) que négatifs (propagation des maladies, etc.), sont discutées et des recommandations d'aménagement sont formulées. Finalement, divers exemples d'application des résultats de nos travaux dans le processus d'aménagement du territoire sont présentés.

Bélanger, Luc / Choinière, Line / Langevin, Renée
Service canadien de la faune
Environnement Canada
1141, route de l'Eglise CP 10100
9e étage
Sainte-Foy (Québec)
G1V4HS
Pesant, Yvon
Direction régionale du Richelieu/Saint-Hyacinthe MAPAQ
3230, rue Sicotte, CP 40
Saint-Hyacinthe (Québec)
J257B2

PLACER LES MILIEUX HUMIDES DANS UN CONTEXTE ÉCOLOGIQUE RÉGIONAL : LA CAS DES TOURBIÈRES

Les milieux humides, ni strictement aquatiques, ni strictement terrestres, occupent environ 10 % du territoire québécois. Toutefois, on en rencontre peu ou de moins en moins dans les régions peuplées du sud. Bien que les herbiers, marais et marécages du Québec aient reçu une attention particulière depuis quelques années, on sous-estime encore la contribution des tourbière à la biodiversité régionale. Dans cette présentation, la contribution régionale des milieux humides à la biodiversité est illustrée en utilisant le cas des tourbières, éléments dominants du paysage du nord, mais îlots de diversité raréfiés au sud du Québec. Traditionnellement reconnues pour leur richesse en espèces végétales, les tourbières contribuent aussi à la diversité de la faune aviaire. Plus elles contrastent avec le paysage local, plus les tourbières contribuent à la biodiversité régionale.

Desrochers, André
Faculté de foresterie et de géomatique
Rochefort, Line
Faculté des sciences de l'agriculture
Université Laval
Cité universitaire
Sainte-Foy (Québec)
G1K7P4
Savard, Jean-Pierre L.
Service canadien de la faune
Environnement Canada
1141, route de 'Eglise
CP 10100,9e étage
Sainte-Foy (Québec)
G1V4HS

DES ESPACES VERTS CONÇUS POUR LE MAINTIEN DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE : LA CAS DE MONTRÉAL

Pour beaucoup de citadins, les espaces verts situés en ville constituent les premiers lieux qu'ils fréquentent lorsqu'ils désirent un contact avec la nature. Bien que de prime abord on pourrait croire que ces parcelles de nature ont peu à offrir en termes d'espèces sauvages, nous montrons qu'il peut en être autrement lorsque ces espaces verts ont été conçus de façon à maximiser la fréquentation par la faune sauvage. Ainsi, dans le cas de plusieurs parcs situés sur l'île de Montréal, malgré qu'on ne puisse plus en accroître la superficie, nous montrons, données à l'appui, qu'il est possible d'en augmenter l'attrait pour les oiseaux en procédant à certains aménagements.

Sept facteurs apparaissent comme déterminants dans le choix des aménagements à faire et dans le degré d'enrichissement escompté. Ce sont: l'identité des espèces présentes, la superficie du parc, son degré d'isolement, sa forme, son entourage, la nature des habitats présents et les autres usages du parc. Les interventions peuvent prendre différentes formes dont la création de plans d'eau, de rives herbacées, arbustives ou forestières et d'herbiers aquatiques, la consolidation du tissu forestier, la plantation de massifs de conifères, d'arbustes et d'arbres fruitiers, de même que l'installation de nichoirs et de postes d'alimentation.

Morneau, François
GREBE inc.
2045, rue Stanley
Montréal (Québec)
H3A 2V4
Desgranges, Jean-Luc
Savard, Jean-Pierre L.

Service canadien de la faune
Environnement Canada
1141, route de l'Eglise
CP 10100,9e étage
Sainte-Foy (Québec)
G1V 4HS

LA RESTAURATION DE LA FONCTION BIOLOGIQUE D'UN PAYSAGE URBAIN DE LA RÉGION DE QUÉBEC PAR LA VALORISATION DES MATÉRIAUX DE DRAGAGE

Écosystème grandiose et étonnamment complexe avec ses propres lois physiques et biologiques, le Saint-Laurent est également un axe essentiel de développement économique. Au niveau de la région de Québec, le fleuve constitue un milieu de vie sensible où se côtoient des habitats fauniques majeurs et une agglomération urbaine importante.

La mise en place d'infrastructures portuaires, industrielles, récréatives et routières a impliqué le remblayage des rives et a conduit à des pertes substantielles d'habitats fauniques. La sauvegarde des habitats majeurs, le développement du potentiel des habitats existants ou la création de nouveaux habitats font partie des moyens qu'il faut privilégier afin de redonner au fleuve son intégrité écologique. Un cadre de gestion régional, basé sur des assises scientifiques solides et un véritable partenariat économique et environnemental semble être une voie prometteuse pour restaurer l'équilibre et la complémentarité des fonctions biologiques et économiques du paysage urbain.

Une étude réalisée dans le cadre du Plan d'action Saint-Laurent, à l'initiative de partenaires économiques régionaux aux prises avec une problématique de dragage complexe, démontre que des matériaux de dragage peuvent être utilisés pour restaurer certains milieux riverains. L'étude aborde la faisabilité technique et environnementale d'un projet de restauration d'un marais à scirpe, qui vise non seulement la réhabilitation d'un habitat faunique mais également l'amélioration du panorama visuel sur le parcours touristique des chutes Montmorency.

Hamelin, Robert
Lagueux, Dominique
Robert Hamelin & Associés
825, rue Commerciale
Saint-Jean-Chrysostôme (Québec)
G6Z 2E1

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