Dynamique et visions du paysage québécois

Québec, 15 au 18 juin 1998

TEXTES DES CONFÉRENCES D’OUVERTURE

Pour une synergie utile de professions
Robert Diamant
président de l'Office des professions du Québec

Je vous remercie de l'occasion qui m'est donnée de m'adresser à une assemblée qui constitue à ma connaissance une première dans le domaine du paysage. Je ne connais rien de plus nuisible au paysage que les barrières interprofes-sionnelles. C'est pourquoi je félicite M. Filion d'avoir réussi à rassembler autant d'intervenants au-delà des barrières interprofessionnelles et sans égard au statut de profession pour réfléchir ensemble et de façon intégrée au concept du paysage.

Je suis bien placé pour vous dire la difficulté de faire asseoir ensemble des groupes pour envisager des problématiques qui regroupent ou dépassent leurs champs d'activités respectifs et qui appellent un esprit de complémentarité et de collaboration, une perspective large et généreuse. On constate que prévalent trop souvent des réflexes liés à l'autonomie et aux intérêts sectoriels.

L'exemple de vos états généraux du paysage représente donc un réconfort et un espoir pour l'Office des professions qui tente lui aussi de rassembler les forces vives du domaine et de promouvoir une synergie utile. Je ne m'attarderai pas à détailler ce qui pour toutes sortes de bonnes ou mauvaises raisons, empêche de progresser aussi vite que l'on voudrait vers cette synergie. Je préfère vous dire que notre préférence à l'Office va à la collaboration, entre les professions et au -delà des professions.

LE SECTEUR GÉNIE AMÉNAGEMENT

L'Office a étudié en profondeur le secteur du génie et de l'aménagement et favorise la coexistence et l'épanouissement des professions du domaine. L'Office s'est penché entre autres sur les préoccupations spécifiques du groupe des architectes paysagistes en termes de statut et de titre. Après avoir recommandé une solution législative qui pour des raisons indépendantes de notre volonté n'a pu aboutir, l'Office a favorisé d'autres avenues. Grâce à l'ouverture d'esprit des groupes, les urbanistes sont de ceux-là, qui ont accepté de se prêter à cet exercice. Je suis confiant de les voir aboutir à une formule satisfaisante pour tous. Nous sommes également au fait de problèmes soulevés par les ordres des architectes, des ingénieurs, des technologues professionnels et des ingénieurs forestiers quant à la délimitation des champs d'exercice et des niveaux de responsabilité. Là encore l'Office privilégie le consensus plutôt que le dirigisme gouvernemental et législatif : je compte mettre sur pied dès cet automne une table de concertation réunissant les intervenants concernés en vue d'en arriver à une solution concrète dans un proche avenir.

CHAMPS EXCLUSIFS ET PARTAGE D'ACTES

Je vous signale dans la même veine que l'Office mène depuis près d'un an un projet d'envergure qui vise justement à échapper à la dynamique négative des querelles de frontières interprofessionnelles. Il s'agit en deux mots de quitter le découpage hermétique des champs exclusifs actuels pour déterminer plutôt une liste d'actes réservés qui seraient éventuellement partagés parmi les intervenants dûment qualifiés pour les accomplir. Grosso modo, on troquerait donc le concept de champs exclusifs pour les concepts d'actes réservés et de partage d'actes. C'est un projet prometteur et il me fera plaisir de vous faire part de son avancement ou de ses fruits au cours de la prochaine année, je l'espère.

Je voudrais pour terminer, réitérer l'appel à l'ouverture, à la multidisciplinarité et à la collaboration, à l'image de ce que vous faites aujourd'hui dans le cadre de l'événement qui nous réunit. Au-delà de nos préoccupations professionnelles, juridiques ou politiques, souvenons-nous que le paysage urbain ou autre est la première représentation que notre société offre d'elle-même à ses enfants. C'est donc à nous qu'il revient de décider à quoi ressembleront la société et la culture qu'ils auront ou non envie de pérenniser.

L'harmonie et l'équilibre sont, grâce à vous, à notre portée. Commençons par les transposer dans les relations entre les partenaires de ce vaste projet social, culturel et économique. Notre environnement, notre paysage en seront transformés... et pour le meilleur.

 

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