LES
THÈMES, RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES ET La liste qui suit regroupe les conférences par thèmes. Elle contient le résumé des interventions de même que les coordonnées de la plupart des conférenciers afin de faciliter les échanges avec ces personnes. Les textes de plusieurs conférences sont disponibles sur demande et sont identifiés en conséquence. Ils peuvent être obtenus moyennant le coût de la reprographie auprès du Secrétariat des États généraux.
LES DIMENSIONS CACHÉES DES PAYSAGES CULTURELS Décrire, nommer ou marquer une prise de possession confère ses premières dimensions à un paysage. C'est toutefois dans les apports humains accumulés sur le terrain qu'un paysage culturel acquiert une forme concrète. Si ses caractéristiques physico-spatiales (topographie, hydrographie, voirie, parcellaire, configuration et distribution des habitats, etc.) en constituent les composantes les plus immédiatement tangibles, leur lecture ne permet de cerner, au mieux, qu'un état transitoire. Seule une approche intégrée permet d'aller au-delà des apparences. Une telle approche doit notamment puiser aux sources de l'histoire, de la morphologie, de l'ethnologie, de l'archéologie, de la sociologie et de l'économie. Ces disciplines sont en effet en mesure, chacune à sa façon, de contribuer à lever le voile sur diverses dimensions des paysages. Mais encore doivent-elles, pour ce faire, percevoir dans l'espace autre chose qu'un référentiel commode qui permet de s'y retrouver. Invoquer l'histoire, par exemple, équivaut à interroger les préoccupations, les savoirs, les savoir-faire, les aspirations, les croyances, les héritages ainsi que les modes et les réseaux de diffusion. Les dimensions cachées ne sont toutefois pas à trouver dans leur seul passé. Les dynamiques sociales et économiques à l'oeuvre sur le terrain sont, à cet égard, des dimensions souvent ignorées. Elles sont en effet habituellement considérées comme autant de facteurs externes dont on doit laisser la prise en compte à d'autres, voire même qu'on croit pouvoir ignorer. Mais, ainsi que nous l'a démontré l'anthropologie, il ne faut pas oublier que la culture de l'observateur constitue, entre toutes, la dimension cachée des paysages culturels la plus difficile à cerner. En partant de ce constat, on visera à explorer ces dimensions cachées, particulièrement dans le contexte de l'évolution des perceptions, attitudes, attentes et pratiques patrimoniales. Beaudet,
Gérard INVENTAIRE DE NOS PAYSAGES CULTURELS COMME PROJET COLLECTIF - UN DÉBAT ENCORE THÉORIQUE (texte disponible) Préservation des paysages culturels... Désignation... Inventaire... Mais d'abord, délimitation des paysages culturels et définition de ces mêmes paysages. À l'occasion d'un atelier organisé conjointement par la Commission de la Capitale Nationale (CCN) et le Service canadien des parcs en février 1993, il y eut tout un remue-méninges pour en arriver à une définition et à une typologie acceptables, du moins aux yeux des participants. À travers l'étude de diverses définitions et typologies de paysages culturels, plusieurs aspects liés à la notion de paysage culturel revenaient et reviennent toujours dans toute discussion sur le sujet. L'origine du concept de paysage culturel, de même que les diverses définitions et typologies existantes seront présentées, incluant celles choisies lors de l'atelier; un résumé du débat théorique qui s'en est suivi face aux composantes principales et nécessaires à l'identification des paysages culturels; la présentation du projet pilote d'identification du Canal Rideau comme paysage culturel en vue d'une soumission à l'UNESCO comme site du patrimoine mondial; et les prochaines étapes nécessaires à la reconnaissance et protection des paysages culturels. Enfin, à partir de l'expérience décrite précédemment, soulever l'idée d'un projet commun ou collectif pour l'identification des paysages culturels québécois: nécessité d'entente sur une définition et avancement du débat théorique; besoin d'une liste préliminaire de paysages culturels québécois potentiels et vérification de leur niveau d'authenticité et de reconnaissance par la population; enfin, nécessité de mesures de protection devant être mises en place et discutées par tous les intervenants ou corps professionnels ayant un impact sur ces paysages. Fortier,
Johanne LIMAGE PLURIETHNIQUE DES LIEUX PUBLICS : IDENTITÉS ET EFFETS DE PAYSAGE La mise en valeur des tissus urbains anciens conduit parfois à préconiser pureté et dépouillement dans le des artères commerciales traditionnelles: on y dénonce le façadisme au nom d'une conservation authentique; on recommande une politique d'affichage qui bannit les enseignes publicitaires voyantes au profit d'enseignes sobres et de style homogène, etc. Ces attitudes ont sans nul doute leurs mérites et il n'est pas dans notre intention de les discuter en tant que telles. On voudrait plutôt partager certaines réflexions concernant les fonctions sociales que peuvent avoir les images de l'espace public (qu'il s'agisse des parcs, des places ou des rues commerciales) dans la dynamique de cohabitation des habitants d'un quartier. En nous inspirant d'une vaste enquête effectuée dans 7 quartiers fortement multiethniques de la région montréalaise (pour le compte du MAI ICC et de la Ville de Montréal), nous examinerons ce que représente une qualification ethnique des lieux publics dans la construction des relations interethniques à travers l'expression des identités. Nous verrons également qu'à l'occasion, des populations d'origine québécoise recherchent ces effets de paysage comme autant de manières d'échapper à l'homogénéité banalisante de nos cadres de vie. Est-ce à dire qu'il faille multiculturaliser nos conceptions urbanistiques? Ou plutôt que les images urbaines et leurs ressorts culturels sont devenus aujourd'hui des questions incontournables en aménagement urbain? Germain,
Annick LA TRAVERSÉE DES PAYSAGES... SPLENDEUR ET ENCHANTEMENT - LAIDEUR ET MONOTONIE (texte disponible) Ce n'est pas que l'Ontario, la vieille Europe, ou la Nouvelle-Angleterre soient des régions plus caractéristiques que le Québec: certaines le seraient même moins à plusieurs égards. Non! C'est que ces endroits ont su ne pas redevenir laids et bruts - brutaux pour l'oeil dirons-nous - par abandon des terres cultivées, le long des routes, en commençant par le fossé, jusqu'aux lignes sombres des forêts. Les 300 ou 400 000 hectares et plus, qui, en ce moment même retournent en friche sous forme de savane plus ou moins arbustive, ont cela de désolant, qu'à moyen terme, ce sont les régions les plus humanisées, les plus accueillantes en terme de mémoire culturelle, historique et ... biologique , qui en supporteront les conséquences économiques. On ne se rend pas volontiers là où la laideur s'implante de façon chronique! Des champs fleuris, soigneusement ensemencés pour un tourisme printanier, sans but de production fourragère pour les ruminants - des vaches, des chèvres et des moutons propres, brossés et décorés, génétiquement programmés; pour défiler dans la rue comme en Autriche, ou pour peupler de mouvement, des pâturages - des bergers dans les alpages pour meubler et reconstituer de vivants tableaux romantiques - des tas de fumier tressés, comme en Suisse. Mais aussi, des champs transformés en immenses tableaux de Van Gogh, comme en Arkansas - des granges symboliques supportant des peintures géométriques... Tout cela est étranger, et ne fait pas très sérieux pour un agriculteur en difficulté économique, et en rupture de traditions, comme il y en a tant aujourd'hui. Car, il a une certaine difficulté à effectuer le transfert à valeur ajoutée bio-culturelle. En fait, il s'agirait plutôt, pour stabiliser certaines des populations locales, d'agir à la fois sur le maintien et la fabrication de nouveaux paysages bucoliques et y introduire aussi de nouveaux services à caractère récréo-touristique et culturel. L'agriculture de paysage doit donc ainsi créer du futur, en plus de conserver des traces du passé. Il s'agirait de conserver les milieux agro-forestiers les plus originaux et les plus émouvants, et ce, en les considérant comme des paysages musées, et ceci, pour compléter le réseau des parcs actuels que nous estimons trop sauvage et pas assez humanisé . Enfin, dans le cadre des années 2000/2010, il serait tout à fait logique d'envisager de compenser la monotonie des étendues, dues à la monoculture industrielle, par une agriculture du paysage futuriste. Une sorte de patrimoine du futur. En somme, comme on peut le constater, demain pourrait ne pas être constitué d'une seule idée générale, globale et plus ou moins magique mais, de quatre paysages principaux et complémentaires: celui du paysage-retour conservant des traces de culture - celui du paysage musée, immobilisé dans le temps - celui du paysage industriel, agricole - et - celui du paysage futurogène à dominante artistique, ou du moins, esthétique. Voilà donc les quatre hypothèses qu'il s'agirait dès maintenant d'approfondir et de placer dans un contexte de complémentarité, plutôt que d'opposition.
CONCEPT DE PAYSAGE ET EXPRESSIONS PAYSAGÈRES MONTRÉALAISES (texte dsiponible) Les années 1980 nous ont amenés à la redécouverte du paysage montréalais. Un paysage qui n'est ni nature ni environnement (Berque, 1991) mais qui est issu d'un type de regard (Cauquelin, 1989), d'un type de culture et qui est le produit d'une artialisation dans un temps et dans un lieu donné (Roger, 1991). Un paysage dont l'idée et le concept ont été développés dans nos sociétés occidentales à partir de la Renaissance et plus particulièrement au siècle des Lumières (Roger, 1989; Conan, 1991). Un paysage qui intéresse à partir de ses caractéristiques personnelles sensibles, culturelles et de l'esthétique qui s'en dégage. Ainsi parle-t-on actuellement d'une approche sensible au paysage (Lassus, 1978), approche que n'ignoraient pas nos prédécesseurs, qu'ils soient concepteurs, tel Frederick L. Olmstead en 1870, ou bien graveurs ou encore écrivains. (Bluck, 1811; Barleif, 1839; Walls, 1842; O'Brien, 1882; Grant, 1882). Cette approche sensible est toutefois repensée et redéfinie en relation avec notre époque et les caractéristiques nouvelles de nos paysages postindustriels. Face à cette nécessité, le paysage est en voie d'être repensé et réinventé dans certains projets. C'est dans cette perspective que nous analyserons les projets de paysage de la Place de la Paix, de la Place d'Youville et des Cours Dalhousie. Routahoule,
Danièle
|
||||||