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CHARLEVOIX au 3e
millénaire |
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Conclusion À l'aube du 3e millénaire, Charlevoix se trouve en transition. Comme dans plusieurs autres régions, les Charlevoisiens mettent en question la rentabilité et la durabilité de leur économie traditionnelle. Face aux changements économiques, sociaux et technologiques qui font partie de ce qu'on appelle la mondialisation, les collectivités doivent trouver des moyens de s'adapter. Dans un contexte où des changements peuvent être rapides et difficiles à prévoir, la diversité et la flexibilité sont primordiales. Dans ce contexte, la région de Charlevoix est déjà bien positionnée. L'économie locale est plus diversifiée que dans plusieurs milieux ruraux. Le mélange très intéressant des ressources naturelles, sociales et culturelles offre toute une gamme de possibilités. Les nouvelles technologies de communication et la proximité des centres urbains ouvrent à la région de Charlevoix la possibilité de se développer dans de nouveaux secteurs économiques (où l'on choisit le lieu de travail de plus en plus pour la qualité de vie qu'il offre plutôt qu'en fonction de la disponibilité des ressources traditionnelles). De plus, Charlevoix s'investit déjà depuis longtemps dans le tourisme, un des secteurs économiques dont la croissance est la plus rapide. En même temps, Charlevoix peut encore offrir à ses habitants, et surtout aux jeunes, la possibilité de vivre au contact des milieux naturels, d'y développer leur force et d'assurer leur survie dans une tradition d'agriculteurs et de coureurs de bois - une perte qu'on commence à fortement regretter dans les milieux urbains. Une diversité des activités permet à chacun de trouver sa place dans la société. Elle permet aussi de développer diverses habiletés et donc la flexibilité - une tradition bien ancrée dans des milieux ruraux où l'on maîtrise plusieurs métiers. La diversité des activités préserve aussi le paysage qui est spécifiquement charlevoisien. Pour ajouter à cette diversité traditionnelle, il faut souhaiter la bienvenue aux gens de l'extérieur qui veulent faire partie de la communauté charlevoisienne et investir leur énergie ici. Ils peuvent contribuer au dynamisme de la région, un dynamisme qui peut encourager les jeunes à rester ici au lieu de chercher ailleurs. La diversité est essentielle mais elle nous complique la vie, car elle se présente souvent comme un casse-tête. Si on perd de vue l'ensemble, on peut se retrouver isolé dans son coin à déployer son énergie, à se mettre en concurrence au lieu d'agir en complémentarité en manquant l'occasion de participer à la création d'un tout - qui vaut beaucoup plus que chacune de ses parties. Plus on développe la diversité nécessaire pour survivre dans le monde contemporain, plus il faut travailler à maintenir une vision et une identité cohérentes. Il faut que nos projets (sociaux, culturels, environnemetaux et économiques) s'intègrent les uns aux autres et s'appuient mutuellement, que nos ressources comblent nos besoins, que les morceaux du casse-tête s'assemblent pour créer quelque chose qui soit porteur de sens pour tous les acteurs. De plus, pour trouver sa place dans un monde en voie de devenir un village global, Charlevoix doit se définir clairement pour attirer l'intérêt de l'extérieur. Charlevoix est encore bien placé. Il a déjà une forte identité naturelle et culturelle. Il a dé'à des outils très puissants pour assurer sa cohérence l'exemple le plus éloquent est le cadre de la Réserve mondiale de la biosphère. Ce cadre établit avec force l'image de la biodiversité qui fonde toutes les autres caractéristiques charlevoisiennes et sa spécificité naturelle et culturelle qu'il faut absolument mettre en valeur et protéger. Mais comment donner vie au cadre, rendre l'image tangible, faire le lien avec la vie quotidienne des habitants? Il faut s'en parler, élaborer et transmettre la vision - à travers l'art, les activités culturelles et le paysage lui-même -, nourrir un projet d'éducation intégrale auquel tous les habitants contribuent et au moyen duquel ils apprennent. La vision se concrétisera à travers les projets qui sont déjà en place - l'écovillage, les économusées, la Route des saveurs, l'interprétation et l'aménagement des milieux naturels - et aussi par d'autres projets pilotes qui peuvent appareltre. On doit faire une place à l'expérimentation. On doit appuyer (moralement et financièrement) les démarches qui viennent directement des habitants. On doit renforcer, amplifier et répéter les projets qui marchent bien. Plusieurs programmes et projets sont déjà en marche et, dans plusieurs cas, le processus de réflexion et de planification est complété. Vous avez toutes les données en main, vous avez des structures en place. C'est le moment de consolider, de prendre conscience de ce qui a été fait dans les divers secteurs, de renforcer et d'intégrer les efforts. Il faut améliorer les réseaux de communication et prendre le temps de travailler entre vous à construire une vision collective dans un cadre cohérent en vue.
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