Limités par une topographie
capricieuse, un climat difficile et un sol pauvre, les agriculteurs charlevoisiens
n'ont généralement pas eu d'autre choix que de se spécialiser avec succès
dans l'agriculture sans sol, l'élevage.
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L'aménagement et le développement
L'organisation spatiale de
Charlevoix et le patrimoine bâti
Constat
- Quantité d'informations et d'analyses
disponibles, qualité de la réflexion menée dans les deux municipalités
régionales de comté (MRC) et de leur projet de planification qui permettent
de répondre aux problématiques de l'aménagement;
- Caractère propre du paysage qui
se perd, urbanisation des territoires ruraux, banalisation de l'architecture,
construction anarchique le long des voies, l'enfrichement;
- Succession de reboisement uniquement
posée en fonction d'objectifs économiques;
- Un réseau de circulation mal exploité;
- Dégradation des bâtiments, notamment
en ce qui concerne les matériaux de rénovation, souvent en rupture
avec la tradition bâtie (cela concerne également la suppression d'éléments
architecturaux). Cela se fait lentement et au fil du temps, souvent
sans qu'on s'en rende compte;
- Réappropriation collective du paysage
et du patrimoine bâti laissée en marge par une logique de développement
essentiellement fonctionnaliste.
Objectif
Réaffirmer, à l'occasion de la révision des schémas d'aménagement, l'importance
de la protection des paysages, condition de la prospérité de Charlevoix.
Stratégie
- Se forger une vision commune de
la préservation, de l'occupation et de l'utilisation de l'espace à
l'échelle de l'ensemble du territoire des deux MRC incluant Tadoussac.
Les éléments de cette vision commune s'appuient sur la reconnaissance
de l'importance de la conservation des trois types d'espaces naturels
définis : la forêt, l'espace ouvert, l'espace marin;
- Préserver en priorité les espaces
agricoles et les espaces ruraux qui ne sont pas utilisés à des fins
agricoles ;
- Renforcer le caractère villageois,
c'est-à-dire redonner aux villages un caractère "charlevoisien". Par
ordre croissant d'importance :
- Définir ce que doit être l'architecture
en Charlevoix et ce, par un carnet de recommandations décrivant
le patrimoine et proposant les lignes forces de celuici, pour
permettre une architecture moderne et intégrée;
- Pour l'extension de l'urbanisation,
densifier les villages existants dans le respect des principes
architecturaux et urbains définis (freiner l'urbanisation le long
des routes)
- Construire en continuité du
bâti existant;
- Le long du fleuve et des rivières,
préserver les rives de l'urbanisation par l'établissement d'une
bande de protection (100 mètres minimum) en s'inspirant de l'exemple
de la loi littorale française;
- Définir les principes d'urbanisme
et notamment mieux délimiter les espaces publics, hiérarchiser
les voles de circulation et limiter l'affichage.
- Redonner au fleuve et aux rivières
un statut d'appartenance au territoire par l'aménagement des rives,
son utilisation comme voie de circulation, promouvoir une revitalisation
de la voie ferrée.
Recomandations
- Encourager le développement urbain
dans les villages existants, mettre en place des programmes d'aide
à la réhabilitation du bâti et à la construction d'un habitat pour
les personnes défavorisées.
- Revoir la planification et le zonage
en regard de la prise en considération des différentes utilisations
possibles du sol et de la distinction claire entre les espaces agricoles,
les espaces urbanisés et les espaces ruraux non agricoles. Dans les
espaces ruraux non agricoles, il s'agit de veiller à la fois à la
protection du paysage et aux possibilités de développement des activités.
Prévoir des systèmes de crédits de taxes ou des subventions pour la
démolition des constructions inappropriées ou le maintien du paysage
ouvert.
- Délimiter les espaces d'exploitation
des carrières, gravières et sablières et prévoir des mesures de réhabilitation
après fermeture par l'exploitant comme conditions de l'octroi d'autorisation
d'exploitation.
- Réaliser une planification locale
qui prépare ou met en oeuvre la planification régionale (ex.: Baie
Sainte-Catherine).
- Inventorier et délimiter, lorsque
cela n'est pas fait, les sites et territoires d'intérêt patrimonial
et culturel.
- Aider et donner aux municipalités
des outils pour inventorier leur patrimoine bâti. Cette démarche pourrait
être menée, en grande partie, par des étudiants ou des volontaires
des communautés de Charlevoix, ce qui aurait pour avantage de les
sensibiliser à leur propre patrimoine.
- Informer et sensibiliser les proriétaires.
Les MRC ou les municipalités devraient être en mesure de donner de
l'information et des conseils sur la restauration des bâtiments d'intérêt
historique ou architectural, même s'ils ne sont pas classés ou cités.
- Mettre sur pied des programmes d'encouragement
et des mesures incitatives afin d'aider les propriétaires qui n'ont
pas les moyens de faire les rénovations - par exemple, diminution
des taxes ou mise en place d'un programme d'aide à la rénovation -
en échange de la mise à la disposition de logements sociaux ou à loyer
modéré.
- Intégrer à la planification des
nouveaux réseaux routiers la prise en considération du patrimoine
bâti afin que le contexte naturel des bâtiments ne soit pas détruit.
- Soutenir l'initiative des villages
qui ont développé des guides pour décrire et mettre en valeur les
sites et leur patrimoine bâti reconnu et étendretrette initiative
à l'ensemble du territoire.
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Bien qu'elles
soient de taille réduite, les villes de Charlevoix doivent composer
avec les problèmes de revitalisation des centres, d'étalement
urbain et de respect des paysages bâti, humain et imaginaire.
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Les Charlevoisiens
tentent comme ailleurs de conserver des liens entre l'assurance
du passé, - ici la tradition maritime à l'île aux Coudres et l'incertitude
de l'avenir.
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