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CHARLEVOIX au 3e millénaire |
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Structure et l'éducation
L'expérience des économusées, née en Charlevoix, démontre la volonté et la possibilité de mettre en marché la culture régionale au profit non seulement des communautés, mais également des patrimoines eux-mêmes.
En
visitant les différents coins de la région, nous avons souvent posé cette
question : "Qu'est-ce que vous faites au niveau de l'éducation ?"
Et souvent la réponse a été : "Les visites scolaires". Effectivement, nous avons pu visiter plusieurs lieux très bien organisés et préparés pour les visites scolaires, surtout pour celles des écoles primaires : les économusées, par exemple, ou les fermes écotouristiques. Mais lorsque nous avons poussé plus loin la question en demandant quelle matière scolaire a suscité et inspiré la visite, la réponse n'a pas été aussi claire. Très peu d'endroits semblent au fait des sujets enseignés dans le cadre de la visite : presque personne ne sait quel travail a été accompli préalablement pour préparer la visite, et combien de temps sera consacré à des travaux associés au thème de la visite, de retour à l'école. Une visite scolaire ne vaut rien si elle ne s'inscrit pas dans un cadre plus précis. Une structure d'accueil peut préparer un très beau programme scolaire, mais si ce programme ne se niche pas dans les matières étudiées, l'école ne sera pas prête à fréquenter ce lieu. En Charlevoix, comme partout, les enseignants ont de plus en plus à faire avec de moins en moins de ressources. Les visites scolaires sont actuellement inscrites dans le cadre des "classes vertes" et ne représentent, pour la plupart, qu'un défoulement pour les élèves à la fin du trimestre ou de l'année scolaire. En ce moment, le patrimoine et la culture charlevoisiens sont enseignés uniquement dans les 10 % de temps libre (donc, après tous les sujets de base). L'approfondissement de cette connaissance dépend de l'enthousiasme de chaque enseignant et n'est pas obligatoire. Vous courez donc le risque qu'un enfant né en Charlevoix puisse mieux connocitre l'histoire des États-Unis, par exemple, que celle de son propre pays. Nous avons souvent entendu cette phrase - "Ailleurs, c'est meilleur>, pendant notre séjour parmi vous. Si vos écoles ne valorisent pas le patrimoine auprès de vos enfants - surtout avec les images d'ailleurs qu'ils reçoivent par la télévision -, effectivement ils vont peut-être finir par le croire. Est-ce que cela ne contribuerait pas, par ailleurs, au faible niveau de scolarisation ? Dès le début, vos enfants ne peuvent pas s'identifier avec un curriculum qui n'a rien à voir avec leur vie quotidienne en Charlevoix. Dans deux ans, des changements importants sont prévus dans la structure du programme scolaire. Ces changements représentent beaucoup de travail pour le milieu pédagogique, mais peuvent aussi offrir une excellente occasion de renforcer la transmission du patrimoine auprès de vos enfants. Il y aura un programme intitulé La découverte de ma région et les professeurs devront développer des programmes approfondis à ce sujet. C'est sans doute la réponse du gouvernement aux problèmes dont nous avons déjà parlé et qui ne sont d'ailleurs pas limités à Charlevoix. La visite scolaire ne sera qu'une partie de ce nouveau programme. Plutôt que de miser sur la classe verte, notre recommandation sera plutôt une session complète axée sur le patrimoine, avec toutes les matières (du français jusqu'aux sciences) enseignées d'un point de vue local, dans la mesure du possible. Pour être prêts à affronter ce nouveau défi scolaire, il faudrait, dès maintenant, que tout le milieu pédagogique de Charlevoix travaille ensemble pour en tirer les bénéfices. La session patrimoine pourrait ainsi jouer un grand rôle dans la rediffusion de la culture patrimoniale par la famille ainsi que par l'école. Léducation ne s'arrête pas à la porte de l'école. Elle commence à la maison et la fierté d'être charlevoisien devrait se communiquer de père en fils, de mère en fille, dès le début. Et, cependant, nous avons rencontré une attitude assez distante envers le patrimoine régional chez beaucoup de gens. On sent que tout ce qui est typiquement charlevoisien se fait essentiellement pour en tirer profit sur le plan touristique. On a noté quand même des exceptions intéressantes à cette tendance. Par exemple, ce groupe de jeunes gens qui dansaient pour nous faire plaisir à l'île aux Coudres se faisaient plaisir aussi; la fierté avec laquelle Sébastien Tremblay nous a parlé de sa vie à la ferme de son père; les enfants qui jouaient autour des activités du Festival du Coureur des bois. Ce qui lie ces expériences est une attitude d'identité communautaire, toujours très présente à l'île aux Coudres, à cause de son insularité, mais moins évidente dans les autres municipalités de Charlevoix. Comment utiliser cette augmentation d'intérêt dans le patrimoine au niveau provincial et régional ? Au bénéfice de la communauté entière? Recomandations
On nous a beaucoup parlé de /'exode. Nous trouvons cependant que les jeunes gens qui ont choisi de quitter foyer pour vivre ailleurs ne devraient plus être considérés comme la génération perdue. Nés Charlevoisiens et bien édiiqués, ces gens représentent un potentiel considérable pour porter l'image de Charlevoix à l'extérieur et soutenir leur région de l'extérieur. Il suffit de rester en contact avec eux.
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